Le blues des médecins à la retraite

Il est 18h et le Dr. Martin, 67 ans, a terminé sa dernière consultation. Un important sentiment de vide l’envahit. Que va-t-il faire maintenant ? Il rentre chez lui et pense à sa carrière qui s’achève ce jour. C’est un médecin à la retraite maintenant.

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Plus qu’un métier, une passion

Passer sa vie à soigner les autres est une vocation. Les médecins le savent bien, eux qui, après de longues études, une carrière qui aligne trop souvent de longues journées, ouvrent un nouveau chapitre dans leur vie. À l’heure de la retraite, il n’est jamais facile de tourner la page. Surtout dans ce métier où ils sont encore 12 % en Suisse à pratiquer après avoir fait le grand saut. Un chiffre important comparé à d’autres secteurs d’activité. La passion est généralement l’un des moteurs qui pousse ces professionnels à poursuivre leur travail. Cependant, étant donné le poids des responsabilités, peu de médecins ont la possibilité de poursuivre leur pratique indéfiniment. Comment organisent-ils alors leur journée après avoir mis un terme à leur activité ? Profitent-ils de leur temps libre ou gardent-ils un pied dans la profession en donnant par exemple des formations ? Quoi qu’il en soit – et quel que soit leur choix –, le changement est là et il faut s’y adapter sans sous-estimer les effets négatifs que peut avoir cette nouvelle étape de vie sur leur rythme habituel.

Éviter le blues

Nous le savons pour le vivre au quotidien : l’activité professionnelle occupe l’essentiel de notre temps. Il arrive même que nous passions plus d’heures avec nos collègues qu’avec notre propre famille. Pour les praticiens, la situation n’est pas très différente. Il y a bien sûr l’ensemble du corps médical qu’ils fréquentent tous les jours, mais aussi les patients avec lesquels ils entretiennent un échange continu. Au-delà des soins qu’ils prodiguent, les médecins passent en effet beaucoup de temps à écouter, à expliquer, à dialoguer. Une habitude dont l’arrêt brutal peut provoquer chez certains un choc, une perte de sens. Voilà pourquoi il est recommandé, pour faciliter la transition, de se trouver une activité ou un hobby. Et surtout, de s’y mettre quelques années avant de partir à la retraite afin d’adoucir la transition. Privilégier une activité en groupe ou en équipe peut permettre de remplir le vide ressenti et répondre aux besoins de contact humain. On connait les bienfaits du sport sur le corps et l’esprit. Un médecin ne nous dirait pas le contraire ! Alors, pourquoi ne pas suivre lui-même la prescription qu’il a si souvent donnée ?

Retrouver du sens

Certains médecins peuvent ressentir un sentiment d’inutilité lors de leur départ à la retraite. Que faire par exemple de toutes ces connaissances acquises et désormais inexploitées ? À l’heure du bilan, il n’est pas inutile d’apprécier le chemin parcouru et de donner une nouvelle application à son expertise. Il existe en effet de multiples possibilités pour transmettre son savoir, partager son expérience et former de nouvelles générations de soignants. Il est aussi possible pour certains médecins retraités de s’engager sur le terrain du bénévolat en offrant ses services, chez soi ou ailleurs, à des populations moins favorisées.

Savoir s’entourer

Être entouré de ses proches ou d’un groupe composé de médecins qui vivent la même transition peut aussi s’avérer utile pour accompagner ce moment particulier. Le partage et l’échange sont toujours bénéfiques. Ils facilitent la projection vers le futur. Dans ce contexte, il est aussi tout à fait normal de ressentir des émotions complexes. Le phénomène touche toutes les professions, mais il existe de nombreuses opportunités pour les dépasser. Avec un peu de patience, on peut également se construire un nouvel équilibre tout en se découvrant de nouvelles sources de satisfaction.

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Penser à la relève

S’il est douloureux pour un médecin d’abandonner sa vie d’avant, ses confrères, ses patients, le cap de la retraite peut être passé plus facilement si on le prépare en amont. Réfléchir à la reprise de son cabinet par exemple est un processus qui doit être lancé plusieurs années avant de quitter ses fonctions. Ceci permettra non seulement une passation en douceur pour soi, mais aussi pour sa patientèle, transmise progressivement à son successeur. Cette réflexion est d’autant plus importante que nous vivons actuellement une importante pénurie dans les professions médicales. Une pénurie appelée à s’aggraver. Ce qui rend plus difficile la remise d’un cabinet. Ce sujet, qui touche les futurs médecins retraités, ouvre également pour notre société une question plus large à laquelle nous devons apporter des réponses. Nous parlons ici des problèmes de la formation, de la sélectivité des études, des conditions de travail si particulières à la branche et surtout du manque d’attractivité des régions périphériques par rapport aux centres urbains.

Sans oublier les finances…

Préparer sa retraite passe aussi par la mise en place de solutions financières aptes à assurer un train de vie agréable et favorisant le développement de projets. En cela, les médecins peuvent compter sur leur conseiller ou leur gérant de fortune qui ont les compétences nécessaires pour appréhender et comprendre leurs besoins, aussi complexes soient-ils. L’expertise de ces derniers peut aussi les aider à définir des objectifs et structurer un patrimoine en conséquence. En cela, la profession de l’un ne va pas sans ressembler à celle de l’autre. Analyser un problème, poser un diagnostic et proposer des solutions ne sont-elles pas les trois étapes qui rythment les réflexions des médecins comme celles des gestionnaires ? Ne doivent-ils pas mettre tous deux des stratégies en place et un suivi pour assurer notre bien-être et éloigner de nous les soucis ?

La santé, comme la santé financière, touche inévitablement au registre des émotions. Dans un cas comme dans l’autre, se sentir accompagné est primordial. En effet, dans leurs domaines respectifs, le banquier et le médecin sont des piliers. Alors, quand l’un peut soutenir l’autre lors de certaines étapes de vie, il serait dommage de ne pas recourir à son appui. Qui plus est quand il s’agit de retraite, car c’est un moment où il est capital d’être en pleine possession de ses moyens. Pour éviter le blues bien sûr, mais aussi pour prendre un nouveau départ.

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